RSE : interview sur l’ISO 26 000

Lecture : 5 minutes

Quelles ont été les motivations pour l’implication de la France dans le processus de développement de l’ISO 26 000 ?

Didier Gauthier (1) : La France a pris la décision de s’engager dans l’élaboration de l’ISO 26000 pour cinq raisons pouvant ainsi être résumées :

1)   Intérêt spontané pour des travaux appelés à  réunir l’ensemble des acteurs de la société avec un grand S sur des sujets indissociables de la mondialisation qui s’impose à  tous, mais également porteur de régulations mieux éclairées.

2)   Souci de clarifier des principes porteurs d’espoir mais souvent considérés comme des concepts flous sans réalité opérationnelle capable d’être mis en eouvre de façon simple et efficace.

3)   Opportunité majeure pour faire rimer management et respect des trois piliers du développement durable sous le sceau d’un fonctionnement décloisonné, participatif ou chacun dans ses fonctions pourra apporter le meilleur de lui-même dans le respect de l’autre.

4)   Richesse des échanges appelés à  découler de la diversité des acteurs réunis au profit d’améliorations continues ayant pour cible des objectifs reconnus par tous

5)   Enfin, volonté d’apporter aux acteurs déjà  engagées à  l’AFNOR sur le thème (SD 21000) un éclairage international.

Selon vous, quels sont les principaux risques et les principales opportunités de l’ISO 26000 ?

Didier Gauthier : Deux risques majeurs s’opposent. Le premier naîtrait de positions idéologiques qui reprises dans le document en cours d’élaboration sous couvert d’une prétention à  l’universalisme d’une approche éthique lui conférerait une forme de « rigidité morale », de connotation dogmatique.

Le deuxième serait, à  l’opposé, que soucieux d’écarter toute position forte de nature à  structurer en profondeur les comportements et actions de chacun, l’ISO 26000 soit l’expression de consensus « mou » dont la vocation serait essentiellement la recherche d’une caution internationale à  petit prix.

Le premier risque éloignerait le plus grand nombre, le deuxième enlèverait toute crédibilité aux acteurs réunis au-delà  de toute bonne volonté.

Un troisième risque doit être présent à  l’esprit, le texte en cours de construction n’aura pas vocation à  pallier les carences locales en terme législatif, réglementaire ou de contrôle régalien : sa vocation première est d’aller au-delà , poussé par des intérêts supérieurs, reconnus par la collectivité internationale regroupée comme jamais, nous le pensons, sous l’autorité de l’ISO.

Les opportunités sont quant à  elles multiples. Elles s’expriment en premier lieu par le fruit du « brassage » ainsi organisé de façon transpays mais également de façon transparties prenantes : quoi qu’il arrive cela laissera trace !

Selon vous, quel sera le scénario 5 ans après la publication de l’ISO 26000 ?

Didier Gauthier : Un souhait : que l’ISO 26000 fasse rapidement partie des outils courants de management des organisations et que chaque politique reprenne à  son compte suivant les déclinaisons qui lui sembleront les plus efficaces, les principes incontournables qui auront été affichés et ce, en toute transparence, conscient qu’il en va de son intérêt au ceour des intérêts collectifs.

Une opinion : la qualité du travail élaboré dans le respect de ce qui est dit contribuera à  donner au terme indiqué une réelle capacité d’entrainement pour l’essentiel automotrice pour aller sereinement, solidement, vers un équilibre accepté, reconnu par le plus grand nombre et en tout cas porteur d’un développement durable conjugaison de la responsabilité sociétale de chaque pièce du puzzle que constituent les organisations visées, qu’elles soient industrielles, gouvernementales etc.

(1) Président du comité miroir français ISO 26000

Lire la suite
Qualityandco.com
Sur le même sujet

Gestion documentaire : DocuWare accélère sur l’IA et prépare une nouvelle génération de sa plateforme

La gestion documentaire est en train de changer de dimension. Longtemps considérée avant tout comme un moyen de dématérialiser, classer et archiver les documents, elle tend aujourd’hui à devenir une véritable couche d’orchestration entre les données, les processus métier et les outils de gestion. La réforme de la facturation électronique contribue fortement à cette évolution. […]

Eoden sécurise ses flux achats avec DocuWare et prépare la facturation électronique

Créé en 2019 et implanté près de Montpellier, Eoden est un groupe familial d’investissement à mission qui réunit environ 60 sociétés et 600 salariés, pour un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros. Ses activités couvrent notamment l’hôtellerie expérientielle, la promotion immobilière, l’agroécologie ainsi que l’efficacité énergétique et la décarbonation. La diversité de ces métiers et […]

Journée française de la Qualité 2026 : quand la qualité devient un levier de transmission et d’autonomie

La qualité est souvent associée aux normes, aux audits ou aux indicateurs de performance. Pourtant, les projets récompensés lors des Prix Nationaux Étudiants Qualité 2026 rappellent une réalité parfois moins visible : la qualité est aussi un puissant outil de transmission des savoirs, de développement des compétences et de montée en autonomie des équipes. Cette […]