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Réforme de la formation professionnelle et Qualiopi : point d’étape avec quelques acteurs du secteur de la formation (1/5)

Quelle est votre situation aujourd’hui au regard des deux coups de semonce consécutifs, et sources d’opportunités, provoqués par les dispositions de la réforme de la formation professionnelle et la Covid 19 ?
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Retours d’expérience et témoignages d’acteurs de la formation professionnelle : Sabine Vansaingèle (Directrice STB Conseil), Florence Roudy (Directrice de Media Management), Philippe Scelin (Directeur Général Groupe IRFA), Philippe Bourdalé (Responsable Pôle Formation Professionnelle d’AFNOR CERTIFICATION).

Sabine Vansaingèle (Directrice STB Conseil

Mes clients en formation étant essentiellement du secteur public, seule la crise sanitaire a eu un impact sur mon activité. Mes clients publics ne se sentent pas concernés pour l’instant par Qualiopi. L’intérêt pour le secteur public est cependant important car leurs commandes entrent dans le cadre des marchés publics dans lesquels l’évaluation de la qualité des prestataires est un paramètre important. A ce jour, il semblerait qu’il y ait un déficit de communication vers les administrations qui devrait être comblé, particulièrement à l’heure où le seuil des marchés publics va prochainement passer à 100 000 euros.

Florence Roudy (Directrice de Media Management)

En principe, la réforme est une source d’opportunités pour les OF mais la pleine opérationnalité du système est encore loin. Regrouper les OPCA en OPCO permet de réduire le nombre d’interlocuteurs et de simplifier les démarches. La réalité, à partir de 2019, bousculée par la crise des gilets jaunes et les grèves des transports, s’est écartée de cet idéal. Des conseillers OPCO sur le territoire n’avaient pas tous le même niveau d’information, parfois même moins que nous, et des décisions nationales n’étaient pas appliquées en région sous prétexte qu’elles étaient transitoires … Par ailleurs, les entreprises étant perdues, le simple fait de devoir demander la prise en charge d’une formation devenait un parcours du combattant et certaines ont préféré reporter ou annuler (…). Le confinement pourrait aussi être vu comme une source de développement pour les OF, à condition d’intégrer la technique de classe virtuelle ou le e-learning. Pour notre groupe, spécialisé dans le multimédia, le saut technologique était aisé. Mais à ce stade, c’est l’accès des salariés au numérique qui fait défaut en période de confinement. A ce jour, la réforme a fragilisé le système et la Covid-19 a aggravé une situation déjà compliquée, risquant d’entrainer de nombreuses défaillances alors même que l’Etat a besoin d’un organe de formation efficace pour faire face à la crise et que les entreprises ont besoin de mobiliser de nouvelles compétences pour revenir à un niveau d’activité suffisant. Ce constat est navrant …

Philippe Scelin (Directeur Général Groupe IRFA) :

Notre situation est impactée différemment en fonction des segments de marché sur lesquels nous sommes positionnés. Le secteur de l’Alternance est en pleine croissance et bénéficie du double effet de la libéralisation de l’apprentissage issue de la loi LCAP et des mesures financières du plan de relance qui incitent les entreprises à prendre des alternants Le secteur de la Formation des Demandeurs d’Emploi issue d’une commande publique plurielle a été protégé pendant la crise du Covid-19 grâce à des mesures de maintien des financements dès lors que la continuité pédagogique était avérée. Cette posture avec des nuances en fonction des régions et de pôle emploi a permis de réduire la baisse d’activité notamment due aux stagiaires résidant en zone blanche (internet) ou non équipés ou n’ayant pas des conditions ou un espace de vie adaptés ou une autonomie suffisante vis-à-vis des apprentissages. L’autre difficulté est venue des sessions qui devaient ouvrir dans la période et qui ont été reportées. Enfin, concernant le plan de développement des compétences des entreprises : arrêt total de l’activité du fait de notre positionnement sur le secteur sanitaire et social ou les salariés n’étaient pas disponibles pris par leur mobilisation professionnelle totale.

Philippe Bourdalé (Responsable Pôle Formation Professionnelle d’AFNOR CERTIFICATION) :

On constate à ce jour des organismes dont la taille critique permet de supporter ces deux coups de semonce mais majoritairement les organismes sont aux abois avec un carnet de commande réduit au néant au 1er semestre, se séparant de collaborateurs, faisant face à des investissements en formation en chute libre de la part des entreprises et à la recherche d’un second souffle sur le second semestre pour assurer la pérennité de leurs structures.  

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Olec Kovalevsky – Réseau Qualité TPE PME
Consultant-formateur, gérant d'Avantage Qualité et membre fondateur du réseau Qualité TPE-PME